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Pour sauver leur hôpital, ils sortent la catapulte

Chère lectrice, cher lecteur,

Le 30 septembre dernier a eu lieu un spectacle qui a surpris toute la France, et en particulier les autorités.

C’était dans le Finistère, au bout de la Bretagne.

En effet, dans la petite ville de Carhaix, qui compte un peu plus de 7000 habitants, on a vu une manifestation de près de 1000 personnes, et très énervée.

Si énervée que les manifestants ont carrément sorti une catapulte[1], et ce n’était pas une maquette. Une catapulte capable d’envoyer des boules de bowling, ça peut faire beaucoup de dégâts...

C’est qu’à Carhaix, la semaine précédente, une petite fille était morte de troubles respiratoires, parce que les urgences avaient été fermées la nuit, par manque de médecins.

Ça aurait pu être vous, ou moi, ou l’un des êtres qui nous sont les plus chers, et qui sont aussi les plus fragiles – nos enfants et nos petits-enfants.

Et ça, ça pose une question gravissime.

 

Soins de jadis, violence de jadis

D’après le Parisien, jamais à une génuflexion près, ça n’a rien à voir avec la « régulation » des urgences. Ce dispositif consiste dans le filtrage par téléphone des urgences hospitalières[2].

Cette mesure visait à compenser les fermetures de service d’urgence en province. Mais les Finistériens n’ont que faire des dénégations d’un journal aux ordres du pouvoir. Une petite fille est morte pour rien.

Du coup, quand les gendarmes ont vu la catapulte, ils ont pris l’affaire plutôt au sérieux. Le préfet a immédiatement engagé la discussion avec les manifestants.

Finalement, la promesse de rouvrir les urgences de Carhaix, faite le 10 août dernier, et toujours pas tenue depuis lors, devrait enfin l’être.  

Entre temps une petite fille est morte. Et voici la question très grave que cela pose :

 

Peut-on encore avoir confiance dans l’hôpital ?

La France, c’est un pays où le système de santé, il y a 30 ans le meilleur du monde, aujourd’hui s’effondre.

Dans une conférence à laquelle j’ai eu le plaisir de participer, le Dr Christian Perronne, héros durant la pandémie, nous a bien expliqué combien les budgets hospitaliers allaient aux administratifs et non aux soignants.

Nous payons de plus en plus pour une médecine de moins en moins efficace !

Et pendant que le Dr. Perronne se fait censurer sur Youtube[3], la médecine, elle, fait d’étonnants progrès.

Malheureusement, pas des progrès qui consisteraient à faire de l’ozonothérapie, qui soignait la pandémie comme l’ont montré plusieurs études, une discipline à part entière.

Chaque année, au moment de vous proposer un check-up, on pourrait vous en proposer une séance, histoire de vous remettre en forme.

L’argent gagné sur les maladies les plus courantes ferait que ça ne coûterait rien. Et puis, de l’argent dépensé pour la bonne santé de la collectivité, ce n’est jamais de l’argent de perdu, non ?

Mais on nous propose d’autres formes de progrès médical, qui sont parfois pertinentes, mais qui posent aussi des questions éthiques beaucoup plus délicates qu’ils n’y paraissent.

 

Transformer l’homme en machine, un progrès ?

Le 20 mars 2023, ce fut la troisième fois qu’un Français a été doté d’un bras bionique, c’est-à-dire d’une prothèse mécanique qui fonctionne sur commande[4].

Cela s’est d’ailleurs passé à l’autre bout de la Bretagne, à Nantes. Et c’était la première fois que l’on reliait tout un bras, depuis l’épaule, à un tel appendice capable de pincer selon la volonté de son usager.

Il se trouve que ce genre de technologie pose beaucoup plus de questions qu’elle n’en résout.

Un grand pas pour le patient, un bond en arrière pour l’humanité.

La pose de membres bioniques pose 3 questions brûlantes qui font qu’on devrait s’en abstenir.

 

La société devrait se poser ces 3 questions maintenant

1.     Ce bras peut-il être piraté ?

Tout ce qui fonctionne avec des programmes informatiques peut l’être.

Peut-on tolérer d’avoir des gens dans la rue qui ont des membres qui peuvent être détournés de leur usage par des pirates informatiques, qui peuvent aussi être des terroristes ?

Créer ce genre d’appendices, c’est donc créer des citoyens irresponsables de leurs actes et potentiellement très dangereux pour la société.

2.     Demain, des amputations volontaires à la chaîne ?

Si demain les prothèses deviennent plus efficaces que les membres véritables, ce sera certainement le cas.

L’idée est déjà promue par les séries américaines, comme Le livre de Boba Fett, et il y a tout un sous-genre littéraire qui traite de la question, le Cyberpunk, qui existe depuis près d’un demi-siècle, déjà.

3.     Les prothèses déshumanisent-elles ?

Cela peut paraître absurde, et c’est même un poncif de la science-fiction, mais que se passe-t-il quand plus de la moitié du corps devient machine ?

C’était déjà la question que posait le très dérangeant Robocop de Paul Verhoeven (1987).

Dans ce film, une entreprise dispose du cadavre d’un policier pour en faire un androïde assassin, qui obéit sans se poser de question.

Mais il n’y a pas besoin d’être transformé de la sorte. Le célèbre athlète sudafricain Oscar Pistorius, seulement doté de prothèses sous forme de lames, a tué sa femme de sang-froid. Une coïncidence ?

Peut-être pas. Peut-être que l’être humain n’est pas fait pour qu’on lui donne des appendices faits de métal, et pire encore, de machines électroniques.

Mais on prend toujours le prétexte des handicapés pour faire accepter l’idée de ces appendices qui posent question même lorsqu’ils sont très simples.

 

Quand la digue cédera

Un jour où l’autre, on paye ses excès, et particulièrement l’excès de confiance en soi. C’est ce que nous sommes en train de faire avec notre système de santé. En France et partout en Occident.

« Nous musclons un corps malade », disait une chanson anglaise des années 1980, et tôt ou tard « le couperet tombe ». Alors les innocents souffrent pour les insensés ; parfois même, ils paient pour les coupables.

Aujourd’hui, nous ne sommes plus capables d’empêcher qu’une petite fille meure de problèmes respiratoires graves, mais ordinaires.

Pendant ce temps, nous promouvons un progrès qui pourra à l’avenir, nous causer des torts immenses.

Il est temps de remettre les choses à l’endroit. Et surtout, d’instruire les générations à venir.

Il en va de leur avenir tout autant que du nôtre, car si nous avons appris quelque chose récemment, c’est que tout peut basculer très vite.

Portez-vous bien,

Marc Turenne   

Sources

[1] https://www.leparisien.fr/faits-divers/video-une-catapulte-sortie-face-aux-forces-de-lordre-lors-dune-manifestation-a-quimper-30-09-2023-L7L6FOTYFVBGBPA2D2UYLIKRTE.php

[2] https://www.leparisien.fr/faits-divers/finistere-une-fillette-de-six-mois-decede-la-fermeture-nocturne-des-urgences-pointee-du-doigt-28-09-2023-HEAM5EXERNDR5MD7QUZ5WKTT2E.php

[3] L’interview a été rediffusée à cette adresse https://putsch.media/20231031/interviews/interviews-societe/video-pr-perronne-les-chiffres-francais-sur-la-mortalite-sapparentent-encore-a-du-secret-defense/

[4] https://www.essentiel-sante-magazine.fr/sante/innovation/bras-bionique-troisieme-patient-francais-opere-mars-2023


Marc Turenne 30 novembre, 2023
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