Chère lectrice, cher lecteur,
Après un début d'année qui avait déjà commencé sur les chapeaux de roues avec un enchaînement de mauvaises nouvelles internationales, l'arrivée du printemps n'annonce pas un refroidissement de l'atmosphère.
La situation que l'on connaît au Moyen-Orient nous le prouve malheureusement...
N'en doutons pas : 2026 nous réserve sans doute encore son lot de surprises peu réjouissantes !
Et si nous profitions quand même de la douceur printanière, du renouveau de la nature, d’une activité sociale qui reprend avec les beaux jours, pour nous protéger et rester de bonne humeur ?
L’un des derniers grands auteurs comiques
Alors, vous me direz, il n’est pas facile de trouver de la bonne humeur, et même de rire aujourd’hui. Tous les comiques sont si standardisés, prévisibles, que cela en devient pénible à regarder.
Mais heureusement, il y a quelques vieux de la vieille qui tiennent encore le coup, et parmi eux, notre très cher Woody Allen.
Je dois lui reconnaître qu’il m’a plus d’une fois remonté le moral par le passé, et beaucoup de ses films ont bien vieilli.
Mais surtout, son dernier livre (et premier roman) fut l’occasion de lire quelque chose de drôle et de récent, ce que je ne pensais plus possible...
New York, au centre de sa mythologie
Mais quelle mouche a piqué Baum ? est le nom de cet ouvrage, qui est en fait une pièce de théâtre romancée. Un cinéaste ne peut pas complètement abandonner sa manière.
Il s’agit d’un homme, écrivain mûrissant, qui se retrouve confronté à l’un de ces désenchantements de la vie qui nous traversent. Mais chez lui, il s’agit d’une catastrophe généralisée qui s’abat !
On voit la tempête monter au fur et à mesure de l’ouvrage, mais ce n’est pas tant la tension dramatique qui importe, que le caractère déjanté de la narration.
Nous sommes avec un homme dont les valeurs ne se traduisent plus que par des obsessions, traversé par des jalousies fulgurantes, en quête d’une sincérité assez douce pour lui conserver le goût de vivre...
La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie
Cela pose aussi souvent la question, si omniprésente dans notre société américanisée : quand faut-il lâcher la rampe ? Quel équilibre doit-on trouver avec la vie ?
Des questions touchantes auxquelles Woody Allen n’entend pas donner des réponses complaisantes.
New York n’est pas seulement une ville de luxe et de magnificence. C’est aussi une ville dure, aux rapports humains cruels et superficiels.
L’amour, la douceur de vivre, les moments de charme et de romance sont des petits trésors éphémères auxquels on ne peut goûter sans qu’ils ne nous échappent : d’où la question du renoncement, toujours sous-jacente.
Woody Allen ne nous ment pas : il nous parle avec humour de la dureté de la vie, de la vie publique en particulier. Du jugement que l’on porte sur les créateurs, et en particulier sur lui, qui s’est sacrifié à son art.
Le prix de la création
Qu’on n’aime ou qu’on dédaigne le personnage, Woody Allen nous livre avec humour une réflexion douce-amère sur la vie, surtout sur l’ambition.
Woody Allen est un créateur, et en tant que tel, il a bien profité de l’existence, même s’il a été extrêmement critiqué pour sa vie privée.
Le protagoniste du roman, Asher Baum, est dans une situation un peu similaire : il a fait un écart, il a essayé d’embrasser une journaliste venue l’interviewer, et il craint la fin de sa carrière pour cela.
Moment pour se demander : que vaut ma vie ? Pourquoi ne suis-je jugé que sur mes erreurs et ce que je n’ai pas réussi à être, la gloire que je n’ai pas réussi à devenir ?
Une société qui favorise la conformité absolue
Suffit-il d’une seule erreur pour passer de quelqu’un de bien - en fait, quelqu’un qui se laisse assez faire pour n’être pas considéré comme gênant - à un salaud qu’il faut livrer à la vindicte populaire ?
La question se pose à nous tous, femmes ou hommes : nous vivons dans une société de plus en plus impersonnelle et bigote, ou le manque de personnalité et la superficialité sont plus que jamais vantés.
Il faut assumer ce que vous êtes pour votre comportement général, et pas seulement pour ce que des inconnus pourraient dire de vous. Sinon, vous ne faites jamais rien de votre vie.
Et si en même temps, on peut rigoler un peu, il n’y a pas de raison de se priver. C’est même le sel de la vie.
En espérant que vous trouviez, vous aussi, des ouvrages qui vous fassent rire, car le rire est précieux.
On dit qu’une journée où l’on n’a pas ri est une journée de perdue ; je vous assure, pour ma part, qu’une journée où l’on rit est une journée de bonne santé.
Portez-vous bien !
Éternel Woody