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Médecins : le cri du désespoir

Chère lectrice, cher lecteur,


La relation des politiques français avec les médecins est assez particulière. On croit souvent qu’ils sont du même côté. Et cette affirmation est largement soutenue par des siècles de tradition.


En effet, c’est grâce aux autorités publiques que la France a développé une solide tradition médicale. Il n’y a pas de médecine sans université, et l’université, en France, c’est l’État.


Pourtant, le divorce commence à être de plus en plus acté entre les médecins et les autorités publiques, ce qu'a illustre la grève de début d'année.


Et qui connaîtra probablement d’autres épisodes ultérieurs...


Une grève qui, comme le soulèvement pacifique des agriculteurs, a montré que les fondations même de la France ne tiennent plus, et que l’effondrement du pays est de moins en moins lent.


Car si les médecins ont fait grève, c’est qu’ils avaient bien le sentiment qu’on les prend pour des imbéciles.


Ils ont donc décidé de dire aux politiques : « Vous faites comme si nous n’étions pas là, alors vous allez voir. »


Plus qu’un désarroi, c’est un cri de désespoir.


« La médecine libérale ne répond plus »


Voilà le mot d’ordre de la grève des médecins de janvier 2026. Il s’agit de protester le plus énergiquement possible contre la loi de financement qui arrive, comme l’ont préconisé tous les syndicats médicaux.


Par conséquent, les consultations ont été annulées, les cabinets fermés, les blocs opératoires des cliniques arrêtés. Peu importe le retour de la grippe, les médecins en ont gros.


Cela reste toutefois discret : au premier jour de grève, la baisse d’activité était de 15% chez les généralistes, 6% chez les spécialistes.


Il faut dire que les médecins ont le sens du devoir... Mais aussi, ils ne sont plus si aisés qu’ils puissent tout à fait cesser leur activité du jour au lendemain. 


En revanche, dans les hôpitaux, la situation est beaucoup plus délicate, et c’est d’ailleurs le but assumé des organisateurs du mouvement, tel que l’a exprimé Philippe Cuq, président de l’union des chirurgiens de France :


« Créer une situation sanitaire politiquement insupportable. »


La médecine : le dernier joujou que la Macronie n’avait pas cassé


Il faut dire que l’État a décidé de se montrer particulièrement vexant avec les médecins libéraux, qui forment le plus gros du bataillon.


    • Surtaxe sur les dépassements d’honoraires, indispensables pour les spécialistes des grandes villes pour juste... pouvoir être rentables lorsqu’ils reçoivent un patient une demi-heure...

    • Obligation de remplissage d’un dossier patient partagé sous peine de pénalité. La mesure est doublement honteuse, parce qu’elle transforme les médecins en bureaucrates sur lesquels on peut taper sur les doigts (contrairement aux authentiques ronds de cuir...). Mais en plus, quand on voit la complaisance du gouvernement envers la piraterie informatique, il s’agit purement et simplement de mettre fin au secret médical.

    • La révision des tarifs des actes médicaux sans consultation des syndicats de médecin, créant une tarification étatiste "à la schlague".


Je dois vous confesser mon étonnement devant des mesures aussi autoritaires. Certaines mauvaises langues iront jusqu’à évoquer un retour de bâton pour une profession que le Gouvernement avait un peu facilement mis dans sa poche durant la pandémie...


Mais, à vrai dire, cela reviendrait à ne voir les choses que par le petit bout de la lorgnette.


Pourquoi l’État se fiche des médecins


En fait, l’État français est dans une attitude très ambiguë, dont les Français n’ont pas l’habitude, et les médecins encore moins.


L’État français actuel est dirigé par deux types de personnes :

    • Au sommet, des européistes fanatiques, n’ont d’autre intention que de le détruire

    • À la base, des exécutants submergés par les problèmes, et qui n’ont aucune idée de la façon de les résoudre avec le peu de moyens qu’on leur donne.


C’est ce qui donne le sentiment de « navigation à vue » qui exaspère tellement les médecins. Alors qu’il s’agit pour les européistes d’appliquer toujours la même politique : casser les services publics jusqu’à ce que le public réclame leur remplacement par des services privés. 


Lesquels seront d’autant plus hors de prix qu’ils sont indispensables à la population.

Les Français, qui ont une forte tradition étatiste, sont particulièrement démunis face à cette situation. Que l’État puisse être brutal, c’est une chose ; qu’il se sabote lui-même et se montre malveillant, c’est impensable.


Cela l’est encore plus pour les médecins, qui n’arrivent pas à y croire. Jadis, ils étaient parmi les piliers de la société, et désormais, on les traite comme des moins que rien.

D’autant que, dépendants d’un système de santé très fortement étatisé, ils n’imaginent même plus comment en sortir. C’est qu’à force d’avoir accepté la bureaucratisation à outrance, on ne peut plus revenir en arrière...


Une profession qui dérange ?


Il se trouve que la communauté médicale partage l’orientation démagogique ("humaniste") de l’État français - raison pour laquelle ils obéissent à chaque fois.

Les médecins se sont donc pliés de bon gré aux évolutions bureaucratiques de l’institution étatique. Ils ont ainsi vu leurs revenus se réduire comme peau de chagrin, encadrés au même titre que le prix des consultations.


La colère avait eu plusieurs fois, pourtant, l’occasion d’éclater. On a même vu, un peu avant la pandémie, des CRS charger des infirmières... spectacle ô combien scandaleux.


La pandémie représenta alors la plus extraordinaire opération publique pour jouer le corps médical contre le reste de la population.


On donna des dizaines de milliers d’euros aux stakhanovistes de la piquouse expérimentale. On assura aux médecins qu’ils étaient l’avant-garde du progrès.

Cependant, beaucoup ont réalisé après coup qu’ils avaient été les dindons de la farce. Leur profession, assimilée aux velléités totalitaires de surveillance généralisée, a été encore écornée.


C’est là une autre technique d’ingénierie sociale de la Macronie : séparez vos alliés du reste de la population, et ensuite faites le leur payer.


Isolés, méprisés, révoltés


Aujourd’hui, les médecins sont de plus en plus âgés, ils gagnent mieux leur vie que les autres citoyens, mais leurs responsabilités sont lourdes et ils n’ont plus le respect qui va avec.


Beaucoup de patients remettent en cause leur magistère, parce qu’ils ont fait, aussi, de mauvaises rencontres...


En somme, la profession aurait bien besoin d’être revalorisée. Mais ce n’est pas ce que recherchent les technocrates au pouvoir : ils n’ont pas de pitié et ils tiennent les médecins entre leurs mains, parce qu’il n’y a plus de médecine sans administration en France.


Il serait temps que les médecins comprennent que le pouvoir européiste français n’a de déférence pour personne, ne respecte que l’argent, ne tient en estime que ce qui le menace directement.


Mais puisque que le mécontentement rapproche les médecins du reste de la population, nos chères blouses blanches vont peut-être, elles aussi, commencer à réfléchir par elles-mêmes.


Il n’est jamais trop tard pour bien faire...


Marc Turenne 3 avril 2026
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